Paillage d'une case traditionnelle à Lifou, Nouvelle CalédonieÀ quoi nous sert de travailler ? Peut-être répondrez-vous à s’épanouir, à être reconnu socialement, à aider les autres, à gagner de l’argent, à se réaliser, à s’occuper… à rien ? Le sens que nous y mettons, ce que nous y cherchons, conditionne bien sûr la façon dont nous l’appréhendons.

Parmi les personnes que j’accompagne professionnellement en Nouvelle Calédonie, certaines répondraient sans doute : à se trouver. D’autres : à se ruiner la santé. D’autres encore : « à faire des pièces ». La mécanique commune à tous ces points de vue, c’est la conjonction d’une vision individuelle du travail et d’une vision collective qui l’influence, que ce soit parce que nous y adhérons ou au contraire parce que nous la remettons en cause. Toute la question étant de savoir de quelle société nous venons, dans quelle société nous vivons (que nous ayons choisi de nous y installer ou non), et si nous acceptons le modèle de la société dans laquelle nous vivons.

La difficulté en Nouvelle Calédonie, tout comme à d’autres endroits dans le monde évidemment, c’est que plusieurs sociétés essaient de cohabiter. Ici il y a les Kanaks, les « Caldoches », les « Wallis », les Zoreilles de plus ou moins longue date (les expatriés venus voir si l’herbe était réellement plus verte à l’autre bout du monde), et bien d’autres…
Ce qui nous donne dans les grandes lignes, d’un côté une société faite de traditions et de transmission, très attachée à la Terre et à ce qu’elle a à offrir (à manger pour commencer, grâce à la chasse, la pêche et l’agriculture) ; et d’un autre côté, la société à laquelle j’appartiens, construite sur un modèle capitaliste, pour laquelle ce qui compte c’est la taille de notre portefeuille. D’un côté des personnes qui travaillent pour se nourrir et construire leur lieu d’habitation ; et de l’autre des personnes qui travaillent pour « avoir de quoi » remplir leur frigo, payer leur loyer, voire acheter une maison. D’un côté, on va à la chasse ou à la pêche. De l’autre, on va au travail afin de pouvoir aller au supermarché.

À Nouméa, j’accompagne dans la construction de leurs projets professionnels, des personnes provenant de ces deux côtés de la société. Certaines adhèrent à ce modèle selon lequel il faudrait gagner de l’argent pour s’acheter ce dont nous avons besoin, et trouvent logique par extension de chercher du travail, ou de construire leur entreprise. D’autres ne font qu’une incursion temporaire dans notre système de travail européen, ne cherchant qu’à s’acheter un objet en particulier (un téléphone, une voiture…).

Même ici, malgré des années d’Histoire qui raconte autre chose, certains considèrent que notre modèle européen est la norme. Qu’il doit être la norme. Mais pourquoi cherchons-nous sans arrêt à imposer notre modèle aux autres ? Pourquoi est-ce que chacun ne pourrait pas choisir, pour lui, le modèle de travail qui l’épanouit réellement ? Si certains sont heureux en se dépensant physiquement chaque jour pour aider les autres habitants de leur tribu à construire leur case, pourquoi devraient-ils mettre des chaussures fermées et aller travailler sur une chaîne de production ? Qui sommes-nous pour imposer un modèle aux autres ?

Et pourquoi, de notre côté, cherchons-nous à nous conformer au modèle de quelqu’un d’autre ? À nous imposer une façon de travailler alors que celle-ci ne nous réussit objectivement pas, voire même nous rend malade pour certains d’entre nous ?
Et vous ? Quelle est la forme de travail qui vous épanouit réellement ? Que rêvez-vous de faire au quotidien, et comment ? Et qu’attendez-vous pour le mettre en œuvre ?

1 Commentaire
  1. Barbara 5 mois Il y a

    Três bon article mettant en parallèle le lien à la terre que les sociétés occidentales ont perdu et les sociétés qui y tendent en risquant d’y perdre leur culture, leur âme. La réponse à la question du sens du travail reste encore à trouver.. Et effectivement, que faire et comment agir lorsque le travail nuit à la santé?

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